Interview d’Emmanuel Lépinette – Responsable du cours de modélisation stochastique du risque de crédit

Qui êtes-vous ?

Je suis Emmanuel Lépinette, enseignant-chercheur à l’Université Paris Dauphine en mathématiques financières. J’enseigne le cours de Modélisation stochastique du risque de crédit pour les étudiants du master 2 ISF Apprentissage.

Que faites-vous dans votre métier ?

Mon domaine de recherche utilise la théorie des probabilités, de l’analyse stochastique et de l’analyse fonctionnelle et il s’agit de travailler sur des modèles de marchés financiers les plus réalistes possibles, par exemple avec des coûts de transactions ou des carnets d’ordres, selon des approches nouvelles.

Je supervise également des étudiants en doctorat. Il s’agit de leur proposer des sujets de recherche et de les accompagner afin de produire ainsi des articles de recherche et faire d’eux des futurs chercheurs.

Tous les ans, je supervise également des étudiants en Master 2 qui effectuent soit un contrat d’apprentissage ou un stage en entreprise. Ce sont des expériences très enrichissantes où j’acquière une expérience de l’entreprise, ce qui est également intéressant pour mes cours et ma recherche qui s’en trouvent nourris.

Enfin, je suis responsable du M2 IF apprentissage, activité que j’apprécie beaucoup mais je suis aussi le principal organisateur d’une conférence internationale annuelle en mathématiques financières. En somme, mon métier présente diverses facettes et j’ai la chance de l’exercer car il me passionne.

Quel parcours avez-vous fait ?

Mon parcours est un peu atypique dans le sens où je ne suis pas devenu tout de suite enseignant- chercheur. J’ai dû travailler au plus vite pour des raisons familiales et donc, après maths-sup/spé, j’ai d’abord obtenu le Capes de mathématiques quand j’étais en maitrise de maths (M1) puis l’agrégation de mathématiques l’année d’après. Je suis ainsi devenu professeur de lycée. Mais j’étais très frustré de ne plus pratiquer des mathématiques qui demandent un effort intellectuel poussé et par conséquent, j’ai repris mes études tout en travaillant. Après un master de recherche à distance à Besançon, j’ai obtenu mon doctorat en mathématiques en deux ans seulement, et enfin une position postdoctorale à Boston University. Tout est allé très vite, beaucoup de travail mais un tel plaisir… Ensuite, j’ai été immédiatement recruté par Paris-Dauphine. J’estime avoir eu de la chance au-delà de la quantité de travail conséquente à fournir mais qui ne me posait aucune difficulté car je suis passionné par ce que je fais.

En tant que professeur en ISF APP, que pensez-vous de ce master ?

C’est un master intéressant si on souhaite devenir ingénieur en finance car il offre la possibilité d’acquérir des capacités nécessaires en mathématiques, et plus généralement une capacité à réfléchir, aussi en modélisation, simulation, et en informatique.

Quelle matière enseignez-vous en ISF Apprentissage et en quoi consiste-t-elle ?

Le cours de modélisation stochastique du risque de crédit permet de se familiariser avec les approches classiques de la littérature dans le domaine du risque de crédit ; en particulier comprendre comment on relie le risque de faillite d’une entreprise au taux de rémunération des obligations qu’elle émet. Ce qui importe le plus, ce n’est pas tant de retenir des formules mais d’apprendre à modéliser puis à implémenter des modèles car chaque entreprise a ses propres modèles qui ne sont pas forcément ceux vus en cours.

Sont-elles orientées vers la voie Data ou Finance ?

C’est clairement une matière en finance.

Comment serons nous amenés à utiliser ces notions dans la vie professionnelle ?

Mon cours doit renforcer la capacité à modéliser, à réfléchir au sens des notions financières introduites et par conséquent devrait être utile à tout ingénieur financier ou Quant qui travaille sur des modèles, de l’implémentation informatique, de l’analyse de risque, du Pricing utilisant des méthodes stochastiques.

Selon vous, quelles sont les exigences et compétences que vous attendez des étudiants pour votre matière ?

Pour réussir, il est préférable d’être persévérant, curieux en posant des questions quand on ne comprend pas, et prendre le temps d’acquérir les mécanismes du calcul stochastique qui sont communs à d’autres cours. Donc, ne pas hésiter à reprendre son cours, avec un papier et un crayon, afin que les automatismes soient acquis, car cela fait partie du métier d’ingénieur en général.

Que recommanderiez-vous aux futurs étudiants ?

Il est préférable d’aimer les mathématiques car il s’agit d’un master en mathématiques appliquées et je vous conseille d’être passionné car alors, tout est possible.